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    La passion apporte la souffrance ! — Qui apaisera
    Le cœur navré qui a trop perdu ?
    Où sont-elle les heures si rapidement envolées ?
    Vainement tu avais choisi le beau !
    Ton esprit est troublé, ton action confuse ;
    Le monde sublime, comme il échappe aux sens !

    Alors s’élève une musique aux ailes d’ange,
    Où les sons par myriades s’entrelacent aux sons,
    Pour pénétrer complètement la nature de l’homme,
    Et l’inonder du sentiment de l’éternelle beauté ;
    L’œil se mouille, il sent dans une extase suprême
    La valeur divine des sons comme des larmes.

    Et le cœur ainsi soulagé s’aperçoit
    Qu’il vit encore et bat, et voudrait battre
    Pour s’offrir, dans sa gratitude,
    Lui-même en échange de la somptueuse aumône.
    Car il goûtait alors — oh ! puisse-t-il éternellement durer —
    Le double bonheur de la musique et de l’amour !

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  • Image :
    Attention

    Dans la foule, Olivier, ne viens plus me surprendre ;
    Sois là, mais sans parler, tâche de me l'apprendre :
    Ta voix a des accents qui me font tressaillir !
    Ne montre pas l'amour que je ne puis te rendre,
    D'autres yeux que les tiens me regardent rougir.

    Se chercher, s'entrevoir, n'est-ce pas tout se dire ?
    Ne me demande plus, par un triste sourire,
    Le bouquet qu'en dansant je garde malgré moi :
    Il pèse sur mon coeur quand mon coeur le désire,
    Et l'on voit dans mes yeux qu'il fut cueilli pour toi.

    Lorsque je m'enfuirai, tiens-toi sur mon passage ;
    Notre heure pour demain, les fleurs de mon corsage,
    Je te donnerai tout avant la fin du jour :
    Mais puisqu'on n'aime pas lorsque l'on est bien sage,
    Prends garde à mon secret, car j'ai beaucoup d'amour !

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  • Lèvres :
    Attention

    D'où vient cette tendresse ?
    ce ne sont point les premières boucles
    que j’ai doucement caressées et les lèvres que j’ai connues
    sont plus sombres que les tiennes

     Comme étoiles qui montent et s’abîment encore
    (d’où vient cette tendresse ?)
    tant et tant d’yeux se sont levés et se sont perdus
    en face de mes yeux

     Et jusqu’à ce moment aucun chant pareil
    n’ai-je entendu dans les ténèbres de la nuit,
    (d’où vient cette tendresse ?)
    là des nervures même du chanteur.

     (d’où vient cette tendresse ?)
    et que dois-je en faire, jeune chanteur
    rusé, simple passant ?
    Tes cils sont aussi longs que ceux de n'importe qui

    Marina Tsvetaieva

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    Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,
    Assise aupres du feu, devidant et filant,
    Direz, chantant mes vers, en vous esmerveillant :
    Ronsard me celebroit du temps que j'estois belle.

    Lors, vous n'aurez servante oyant telle nouvelle,
    Desja sous le labeur à demy sommeillant,
    Qui au bruit de mon nom ne s'aille resveillant,
    Benissant vostre nom de louange immortelle.

    Je seray sous la terre et fantaume sans os :
    Par les ombres myrteux je prendray mon repos :
    Vous serez au fouyer une vieille accroupie,

    Regrettant mon amour et vostre fier desdain.
    Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain :
    Cueillez dés aujourd'huy les roses de la vie.

    Pierre Ronsard (1524-1585)

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    ma folie et ma peur

    ont de grands yeux morts

    la fixité de la fièvre

     

     ce qui regarde dans ces yeux

    est le néant de l’univers

    nos yeux sont d’aveugles ciels

     

    dans mon impénétrable nuit

    est l’impossible criant

    tout s’effondre

     Georges Bataille

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