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    "Et puis un jour, elle me parla de feu, de flamme, de tendresse et de choses comme ça. Elle me disait qu'elle voulait être non pas une femme, mais une flamme. Elle avait entendue je ne sais où l'expression " tout feu tout flamme" et elle avait fermement décidé d'être l'un et l'autre pour de vrai...Elle voulait qu'on la regarde comme on regarde un feu de cheminée, un feu destiné non pas à consumer, mais à illuminer. Elle ajoutait, comme pour se justifier: " je voudrais être le porte-sentiment de l'espérance."

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    Une exposition à voir absolument au musée  Jeu de Paume jusqu'au 20 mai 2018.

    "Méditations"  Susan Meiselas

    Susan Meiselas - Autoportrait

    "C'est une chose  importante pour moi - en fait, un élément essentiel de mon travail - que de faire en sorte de respecter l'individualité des personnes que je photographie, dont l'existence est toujours liées à un moment et à un lieu très précis." Susan Meiselas

    Susan Meiselas(née en 1948 à Baltimore, Etats-Unis), membre de l'agence Magnum depuis 1976, s'est rendue célèbre par son travail sur les zones de conflit D'amérique centrake (1978-1983), notamment au Nicaragua, où elle a photographié la révolution sandiniste, produisant des images d'une grande force. Dans son infatigable quête de récit, Meiselas couvre un champ géographique et thématique très vaste - qui va de la guerre aux droits humains, de l'identité culturelle à l'industrie du sexe - , le déployant souvent sur la longue durée et associant pleinement les personnes qu'elle photographie à sa démarche.
    Intitulée "Médiations", l'exposition est la plus complète rétrospective jamais organisée en Europe : les oeuvres présentées couvrent l'ensemble de son parcours, depuis les années 1970 jusqu'à aujourd'hui.

    L'exposition révèle une démarche unique, celle d'une photographe qui n'a jamais cessé de questionner le statut de ses images par rapport au contexte de leur réception, ni de lier dimension personnelle et dimension géopolitique au fil des époques et des conflits.

    Premières oeuvres

    Elle fait ses débuts dans la photographie par une exploration de son environnement  immédiat.
    "44 Irving Street" (1971) est une série de portraits des habitants de la maison où elle logeait quand elle était étudiante.
    Certaines images s'accompagnent d'un court texte dans lequel la personne photographiée décrit la façon dont elle se perçoit à travers l'image.
    Après cette première expérience, Meiselas entame un autre projet, qui implique cette fois la communauté de Londo, une ancienne petite ville textile, longtemps propriété de l'usine locale, dont elle décide de retracer la vie sur plusieurs générations à travers la "généalogie visuelle" des familles qui y vivent. Ce travail - le premier de Meiselas à convier la communauté à participer à la construction de l'archive - juxtapose des images extraites d'albums de famille et des portraits des habitants. Les jeunes filles, qui avaient entre 8 et 10 ans en 1975, traînaient ensemble dans les rues, et c'est par hasard qu'elle attirèrent l'attention de la photographe. Les images captent la progressive transformation de leur corps et de leur vie tandis qu'elle deviennent des jeunes femmes.

    Amérique centrale

    En 1978, Meiselas se rend de son propre chef au Nicaragua afin de couvrir l'insurrection populaire qui fait suite à assassinat du rédacteur en chef du journal d'opposition La Prensa. "Je ne suis pas photographe de guerre au sens où je ne vais pas exprès dans les zones de conflit.Ce qui m'intéresse, ce n'est pas la surface des choses mais ce qui fait qu'elles se produisent." Pendant trente années où se succèdent périodes de guerre et d'accalmie, Meiselas reviendra sur les sites de ces premières images pour retrouver les personnes qu'elle a photographiées et enregistrer leurs témoignages, utilisant son livre Nicaragua June 1978-July 1979.

    Kurdistan

    Kurdistan (1991-2007) est un travail multimédia associant photographies, vidéos, documents et témoignages recueillis par l'artiste. Véritable archive de la mémoire collective, Kurdistan décrit l'histoire d'un peuple dispersé de par le monde.

    L'industrie du sexe

    Durant trois étés consécutifs, Meiselas a suivi les stripteaseuses d'un spectacle de fête foraine à travers le Nouvelle Angleterre. Munie d'un simple Leica sans flash, Meiselas a photographié ces femmes au travail, éclairant la dynamique de pouvoir inhérente aux "spectacles féminins" envisagés selon la double perspective du portrait et du reportage.
    "Ce ne sont pas seulement des corps nus, dit-elle, mais de vraies femmes avec une histoire personnelle."
    Meiselas découvre l'existence d'un autre rapport à la violence et à la douleur dans l'espace clos du club : la violence y est maîtrisée, la douleur, auto-infligée.

    Violence domestique

    En 1992, Meiselas est sollicitée pour participer à une campagne de sensibilisation à l'augmentation de la violence domestique à San Francisco. Ainsi naît le projet des Archives of Abuse.
    "J'ai perçu le pouvoir de l'absence dans ces archives des violences faites aux femmes. J'imaginais les lieux où les choses s'étaient produites et l'image faite après coup m’apparaissait comme vide. Une cicatrice, une blessure sont des preuves manifestes, mais le lieu lui-même n'est vraiment connu que de la personne à qui la violence a été infligée.Il existe dans sa mémoire." En 2015, Meiselas entame un travail avec des femmes qui ont survécu à la violence domestique dans une région postindustrielle de l'Angleterre.
    "Chaque chambre, chaque vie est unique, dans cette série. Chaque espace photographié est à la fois une archive et une sorte de miroir. La femme n'apparait pas, et pourtant elle est présente... Ces photographies peuvent faire office de souvenir d'un paysage singulier à un moment précis d'une histoire."

    Carles Guerra et Pia Viewing
    Commissaires de l'exposition

    Un lien vers le site de Susan Meiselas -> ici

     

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  • Cette histoire a commencé ... il y trois ans.

    Tous les soirs, avant d'aller me coucher, je ferme la fenêtre de la cuisine. Je la laisse ouverte ou entre-ouverte selon le temps et la saison. Cette soirée était particulièrement belle, un ciel de nuit très clair plein d'étoiles. Ce n'est pas souvent qu'un tel spectacle se présente à vos yeux dans la capitale. J'admirais cette merveille de la nature quand j'ai aperçu un homme. Il se dirigeait vers l'immeuble d'en face, chargé de gros sacs (trois dans chaque main). Intriguée, j'ai oublié le ciel et les étoiles...
    L'immeuble en question appartient à la municipalité de la ville avec une crèche au rez-de-chaussée. Devant les fenêtres de la crèche il y a une avancée en dur et un toit. Dans la journée les parents y déposent les poussettes, le temps d'aller chercher les enfants. La nuit cette espace protégé présente un "abri". C'est vers cet abri que l'homme se dirigeait.  
    Clouée à ma fenêtre, je l'observais... ce n'était pas ce que l'on peut appeler le voyeurisme, mais une simple curiosité. Il a sorti d'un de ses sacs un matelas et il l'a déroulé par terre. Après cela, il s'est changé en pliant soigneusement les vêtements qu'il portait et enfila d'autres pour dormir. 
    Cette nuit-là je n'ai pas beaucoup dormi, je pensais à l'homme qui passait la nuit sous les fenêtres de la chèche municipale. Il me donnait l'impression d'un homme qui avait une vie normale et puis du jour au lendemain, pour les raisons que je ne connaîtrais probablement jamais, il s'est retrouvé dans la rue, seul, sans abri ... il est devenu un SDF.
    Je me lève tôt et je commence toujours pas me préparer le café. En regardant pas la fenêtre, je l'ai vu se lever, se changer et repartir chargé de ses sacs. Où allait-il?
    A partir de ce jour-là, j'attendais qu'il arrive avant d'aller me coucher et s'il tardait je m'inquiétais. Cela peut paraître idiot, mais j'avais une sorte de tendresse pour cet homme, cet inconnu... Une année s'écoula, l'homme arrivait le soir et repartait le matin.
    Un matin, en prenant le bus... je l'ai vu. Il était assis sur un siège, les sacs rangés de façon à ne pas gêner le passage. Il se faisait tout petit, la tête sur la poitrine n'osant pas regarder les gens, comme s'il voulait être invisible. Cette rencontre m'avait profondément ému. J'avais envie de lui dire "Bonjour, Monsieur, je vous vois enfin..." mais je ne fit rien.  Je l'avais observé discrètement: le visage calme, serein, détendu... Ce matin, j'ai découvert le visage de l'homme qui vient dormir sous les fenêtres de la crèche municipale d'un immeuble d'en face. Il est devenu "mon" SDF... Un soir il n'est pas venu, c'était en janvier et les nuits étaient glaciales. Son absence avait durée deux mois, deux longues mois durant lesquelles je me demandais sans cesse "Où est-il, que fait-il, est-il malade?" Je priais ... pour qu'il ne soit rien arrivé à mon SDF. Tous les soirs je l'attendais, en vain... et je me couchais avec une pensée pour cet homme. Je commençais à me faire à l'idée qu'il ne viendra plus... et voilà qu'un soir après deux mois d'absence il est arrivé, chargé de sacs, trois dans chaque main.
    Depuis son retour, je le croise de temps à autre dans le bus. Il descend toujours un arrêt avant moi, je ne sais pas où il va, ni où il passe ses journées, mais  j'espère qu'il viendra le soir et je le verrai saint et sauve avant d'aller me coucher. Cela fait trois ans déjà...
    Je regarde cet immeuble, 90% de ces habitants sont des immigrés.
    Le sentiment de colère et d'injustice  me "dévore" chaque jour un peu plus...


    PS: Cela fait un an que j'ai écrit ce récit, ayant  déménagé entre temps ... je ne sais pas ce qu'il est devenu  ...

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  • J'ai toujours eu un penchant pour la nuit, elle m' apaise , m'illumine de l'intérieur , me donne envie de faire ce que je croyais impossible ... Je viens de faire ma première expérience de la photographie de nuit. Pas facile, j'avoue.  Quelques erreurs de réglages avant de trouver les mieux adaptés, résister au froid ... les mains ... j'avais les doigts gelés! Avec un simple Nicon bridge, un peu limite pour les photos de nuit(soit dit en passant), j'ai essayé de faire le mieux possible.
    Voici quelques unes, elles ne sont pas parfaites, disons qu'elles sont "montrables".

    "Paris la nuit"

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