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  • Si tu m’attends, je reviendrai.
    Mais attends moi très fort, très fort,
    Attends, quand la pluie jaune
    Apporte la tristesse,
    Attends quand la neige tournoie,
    Attends quand triomphe l’été,
    Attends quand le passé s’oublie
    Et qu’on n’attends plus les autres.
    Attends quand des pays lointains
    Il ne viendra plus de courrier,
    Attends, lorsque seront lassés
    Ceux qui avec toi attendaient.

    Si tu m’attends, je reviendrai.
    Ne leur pardonne pas, à ceux
    Qui vont trouver les mots pour dire
    Qu’est venu le temps de l’oubli.
    Et s’ils croient, mon fils et ma mère,
    S’ils croient que je ne suis plus,
    Si les amis, las de m’attendre,
    Viennent s’asseoir auprès du feu,
    Et s’ils portent un toast funèbre
    A la mémoire de mon âme…
    Attends. Attends et avec eux
    Refuse de lever ton verre.

    Si tu m’attends, je reviendrai
    En dépit de toutes les morts.
    Et qui ne m’a pas attendu
    Peut bien dire : « c’est de la veine ».
    Ceux qui ne m’ont pas attendu,
    D’où le comprendraient-ils, comment,
    En plein milieu du feu,
    Ton attente
    M’a sauvé.
    Comment j’ai survécu, seuls toi et moi
    Nous le saurons, -
    C’est bien simple, tu auras su m’attendre
    Comme personne.

    Traduction de Jean Marcenac

     

    Constantin Simonov (de son vrai nom Kirill Mikhailovitch Simonov) est un poète, scénariste, et journaliste soviétique. Il est l'un des principaux écrivains de guerre soviétique.

    Constantin Simonov a commencé sa carrière dans le journal de l’armée rouge, Krasnaya Zvezda (l’Etoile Rouge), pendant le conflit militaire en Mongolie. Il y est resté pendant toute la durée de la Seconde Guerre Mondiale.

    Parallèlement, il a publié des poèmes dans lesquels il exprime les sentiments personnels, presque intimes, des simples soldats : la douleur de la séparation avec l’être aimé: son poème Attends-moi (Жди меня, 1943), où un soldat demande à sa fiancée d’attendre son retour de la guerre. Le poème était adressé à la comédienne Valentina Serova, sa première femme. Ce poème était très populaire à l‘époque et reste l’un des plus connus en langue russe.

    A la fin de la guerre, Constantin Simonov était devenu, à l’âge de trente ans, un des écrivains les plus connus de sa génération. Il reçut six fois le prix Staline et deux fois le prix Lénine pour ses différentes œuvres et occupa à partir de 1947 des postes importants au sein de l’Union des Écrivains soviétiques, tel celui de rédacteur en chef de Novyi Mir (de 1946 à 1950 puis de 1954 à 1958) et de Literatournaya gazeta (1950-1953)- le journal officiel de l’Union des Ecrivains.

    La publication de la première partie de son œuvre, la trilogie Jivye i Mertvye (Les Vivants et les Morts), en 1962 a propulsé Constantin Simonov au premier rang des écrivains soviétiques officiels. Il a conservé cette notoriété jusqu’à sa mort en 1979 et consacra exclusivement son travail à l’histoire de la Seconde Guerre mondiale qui fut l’expérience la plus traumatisante de sa vie.

    Le travail d’historien sur la Seconde Guerre Mondiale aura tout de même permis Simonov de reconnaître les erreurs de Staline et finalement de prendre de la distance avec l’image qu’il cultivait auparavant du petit père des peuples.

    Cet écrivain reste peu connu en France malgré quelques traductions de ses œuvres, ainsi qu’une co-écriture avec Elsa Triolet et Charles Spaak, du scénario du film Normandie-Niémen (sorti sur les écrans en février 1960).

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  • Yeux :
    Attention

    Le fait d'être amoureux nous paraissait indiscutable. Pourtant, au lieu de provoquer un état d'excitation fébrile, il nous rendait presque impassibles. Nous devenions lents, hypnotisés par la nouveauté et la force de ce qui nous arrivait. Je pouvais passer des heures dans une félicité parfaite qui n'avait besoin que des rares mouvements de la robe claire à travers la pièce cuivrée sous le soleil de mars. Voir une natte légèrement bouclée qui scintillait de chaque cheveu, sous un rayon de lumière, me suffisait pour me sentir heureux. Et quand ses yeux, d'un reflet vert et bleu, se posaient sur moi, j'avais l'impression de commencer à exister dans une identité enfin véritablement mienne.

    Le livre des brèves amours éternelles, Andreï Makine

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  • C'était dur à croire. La récré une fois finie, j'allais m'asseoir en classe et je réfléchis à tout ça. Ainsi donc, ma mère, elle avait un trou et mon père une bite qui crachait du jus. Mais comment pouvaient-ils avoir des trucs pareils et continuer à se balader comme si tout était normal? On parle de choses et d'autres, on fait ça et on n'en dit rien à personne? J'eus vraiment envie de dégueuler lorsque je songeai que c'était le jus de mon père qui m'avait fait démarrer.

    Charles Bukowski

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