• "Grâce à Dieu", de François Ozon, sur le scandale pédophile dans le diocèse de Lyon vient de sortir, ainsi que "Les Chatouilles", sur la même perversion dans un milieu familial. Dans les salles, le 20 mars, "M" enquête sur un sujet semblable, dans le quartier ultra-orthodoxe de Bnei Brak, ville de la banlieue de Tel-Aviv : un terrible témoignage, doublé d’une rédemption.

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  • Mais lorsque ces mots, et les rêves qu’ils recouvraient, commencèrent à se manifester d’eux-mêmes dans les premiers mois de la Révolution, ce ne fut pas sous forme de délibérations, de discussions et de décisions ; ce fut, au contraire, une ivresse dont l’élément clé fut la foule, la masse « dont les applaudissements et la joie patriotique donnèrent autant de charme que d’éclat» au Serment du Jeu de paume tel que le vécut Robespierre. Nul doute que l’historien a raison d’ajouter: «Robespierre avait eu une révélation : le rousseauisme incarné. Il avait entendu la voix du peuple et pensé entendre la voix de Dieu. De cet instant date sa mission1. » Et pourtant, si fortes qu’aient pu être les émotions qu’éprouvèrent Robespierre et ses amis au cours d’expériences auxquelles on aurait eu bien du mal à trouver un précédent dans l’Antiquité, leurs pensées conscientes et leurs paroles en revenaient obstinément au vocabulaire de la Rome antique. Si l’on souhaite cerner la question en termes purement linguistiques, on doit souligner l’emploi relativement tardif du mot «démocratie», qui met l’accent sur la domination et le rôle du peuple, à la différence du mot «république», qui insiste nettement sur des institutions objectives. Et ce mot-là, «démocratie», ne fut pas employé en France avant 1794 ; même l’exécution du roi fut encore accompagnée des cris de Vive la république* !

    Ainsi la théorie de la dictature révolutionnaire prônée par Robespierre, tout en étant suscitée par les expériences de la révolution, trouvait-elle sa légitimation dans la célèbre institution de la République romaine et, en dehors de cela, rien de nouveau ou presque ne vint s’ajouter à la théorie, durant ces années, au corpus de la pensée politique du xvme siècle. Chacun sait combien les Pères fondateurs, qui étaient pourtant profondément conscients de la nouveauté de leur entreprise, étaient fiers d’avoir simplement mis en application, avec audace et sans préjugés, ce que l’on avait découvert bien avant eux. Ils se considéraient comme des maîtres en science politique parce qu’ils osaient et savaient mettre en application la sagesse accumulée par les siècles passés. Que la Révolution consistât principalement à appliquer certaines règles et vérités de la science politique, telle que la connaissait le xvme, c’est au mieux une demi-vérité dans le cas de l’Amérique, et moins que cela dans celui de la France, où des événements inattendus ne tardèrent pas à gêner et finalement à empêcher la constitution et l’établissement d’institutons durables. Il n’en reste pas moins, à la vérité, que sans l’érudition enthousiaste et quelquefois légèrement comique des Pères fondateurs en matière de théorie politique - les copieux extraits d’auteurs antiques et modernes qui remplissent les œuvres de John Ada ms donnent parfois à penser qu’il collectionnait les constitutions comme d’autres les timbres -, aucune révolution n’aurait jamais pu s’accomplir.

     

    1. J. M. Thompson, Robespierre, op. cit., p. <53-54.

    A suivre

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