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  • 21 520 personnes à ce jour ont signé la pétition demandant à Dieu « le retrait immédiat de la mort de Jean ROCHEFORT » survenue le 09 octobre dernier. Une bonne occasion pour Dieu, s’il obtempère, de ramener à lui par millions les brebis égarées que nous sommes. À cette occasion est ressorti un document de 2004 où Jean ROCHEFORT évoque un souvenir violent à la Libération, une femme mise à nu et tondue sous ses yeux de gamin. Il s’adresse à ces femmes, des « mémères » aujourd’hui comme il dit avec tendresse.

    Nous en avions rencontré une en 2003, MANDOLINE, qui avait voulu pour la première fois à 81 ans raconter son histoire. Au moins 20 000 femmes furent ainsi tondues à la Libération, la plupart ont caché toute leur vie cette torture morale et physique tout comme aujourd’hui, celles qui dénoncent leurs agresseurs, leur PORC. Voici l’histoire de SIEGFRIED et MANDOLINE. Merci à Jean ROCHEFORT et merci par avance à DIEU. Si, si…

    La suite de l'article ICI

     

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  • Paul Éluard – Comprenne qui voudra

    En ce temps là, pour ne pas châtier les coupables, on maltraitait des filles.
    On allait même jusqu’à les tondre.

    Comprenne qui voudra
    Moi mon remords ce fut
    La malheureuse qui resta
    Sur le pavé
    La victime raisonnable
    À la robe déchirée
    Au regard d’enfant perdue
    Découronnée défigurée
    Celle qui ressemble aux morts
    Qui sont morts pour être aimés

    Une fille faite pour un bouquet
    Et couverte
    Du noir crachat des ténèbres

    Une fille galante
    Comme une aurore de premier mai
    La plus aimable bête

    Souillée et qui n’a pas compris
    Qu’elle est souillée
    Une bête prise au piège
    Des amateurs de beauté

    Et ma mère la femme
    Voudrait bien dorloter
    Cette image idéale
    De son malheur sur terre.

     

    Paul Éluard écrit ce poème en 1944, à la Libération. Il est publié clandestinement dans le recueil de poèmes Au rendez-vous allemand.

     

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  • J’aime beaucoup la vie modeste et solitaire de ces propriétaires campagnards qu’on a l’habitude d’appeler en Petite-Russie les gens d’autrefois (starosvetskie); ils sont semblables à ces vieilles maisonnettes pittoresques qui vous plaisent par leur simplicité et par le contraste qu’elles présentent avec les constructions modernes, propres, élégantes, dont les murs ne portent pas encore les traces de la pluie, dont les toits ne sont pas encore couverts de mousse verdâtre, et dont le perron, nouvellement badigeonné, ne laisse pas encore voir ses briques rouges. J’aime à descendre quelquefois, pour un instant, dans la sphère de cette vie si calme et si paisible, où jamais un vœu n’a franchi la haie qui enferme la petite cour et le verger entouré de chaumières en bois, penchées sur le flanc , et perdues dans un fouillis de saules, de sureaux et de poiriers. La vie de leurs habitants est  si tranquille qu’on s’oublie avec eux, pour un instant, et qu’on est prêt à penser que les passions, les vains désirs, tous les enfants du malin esprit qui troublent le monde, n’existent point, et qu’ils ne vous sont apparus que dans un songe pénible et agité. Je vois d’ici la petite maison, entourée d’une galerie que soutiennent de minces colonnettes en bois noirci, et qui fait le tour entier du bâtiment, afin qu’on puisse, pendant l’orage, fermer les volets des fenêtres sans être mouillé par la pluie ; derrière la maison, des mûriers en fleur, puis de longues rangées de petits arbres fruitiers noyés dans le vif écarlate des cerises et dans une mer bleuâtre de prunes au duvet plombé ; puis un large et vieux hêtre, sous l’ombre duquel est étendu un tapis pour le repos ; devant la maison, une cour spacieuse avec une herbe courte et verdoyante, avec deux petits sentiers qui conduisent de la grange à la cuisine, et de la cuisine au logis du seigneur ; une oie au long cou, qui boit de l’eau dans une flaque, entourée de ses oisillons, d’un jaune tendre et soyeux ; une longue baie, à laquelle pendent des liasses de poires et de pommes séchées, et des tapis mis à l’air ; un chariot chargé de melons, près de la grange ; à côté, un bœuf dételé et ruminant, paresseusement couché. Tout cela a pour moi un charme inexprimable ; peut-être parce que je n’en aurai plus jamais le spectacle, et  que toute chose dont nous sommes séparés nous est chère. Par quelque raison que ce fût, dès que ma briska s’approchait du perron de cette maisonnette, mon âme éprouvait un délicieux sentiment de calme et de bien-être. Les chevaux arrivaient gaiement devant la porte, où ils s’arrêtaient d’eux-mêmes ; le cocher descendait lentement du siège, et se mettait à bourrer sa pipe, comme s’il eût été devant sa propre maison. Même l’aboiement flegmatique des chiens de la basse-cour avait quelque chose d’amical et de bienveillant. Mais ce qui me plaisait le plus dans ces modestes réduits, c’étaient leurs propriétaires, de bonnes vieilles gens qui s’empressaient avec tant de cordialité à la rencontre de leurs hôtes. Leurs bonnes figures se représentent quelquefois à mon esprit, même au milieu du bruit du monde ; et une douce rêverie me saisit, et je me rappelle mon passé. Il y a tant de bonté, de franchise, de bienveillance sur leur visage, qu’on renonce avec joie, au moins pour quelques instants, à toute pensée téméraire, et qu’on passe insensiblement tout entier dans cette humble vie champêtre.

    Je ne puis oublier deux vieillards du siècle passé ; ils ne sont plus au monde à présent ; mais mon âme se remplit d’une tristesse pieuse en pensant que j’irai quelque jour dans leur habitation maintenant déserte, que je trouverai la maison à  demi ruinée, le jardin abandonné et l’étang changé en marécage. Oui, je suis triste seulement d’y penser.

    Nouvelles choisies de Nocolas Gogol (extrait 1) *

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