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                             Le bonheur a les yeux fermés                     

    Les yeux sont les messagers du cœur et de la raison

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    Yeux ouverts

    Elle a toujours les yeux ouverts
    Et ne me laisse pas dormir.
    Ses rêves en pleine lumière
    Font s'évaporer les soleils
    Me font rire pleurer et rire
    Parler sans avoir rien à dire.

    Eugène Emile Paul Grindel

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    Il était unique aussi, ce regard. Il tombait sur moi tout droit, caressant et fixe, sans me voir. Tous les portraits savent qu'ils sont contemplés, et ils répondent avec les yeux, avec des yeux qui voient, qui pensent, qui nous suivent, sans nous quitter, depuis notre entrée jusqu'à notre sortie de l'appartement qu’ils habitent.

    Celui-là ne me voyait pas, ne voyait rien, bien que son regard fût planté sur moi, tout droit. Je me rappelai le vers surprenant de Baudelaire:
    Et tes yeux attirants comme ceux d'un portrait.

    Ils m’attiraient, en effet, d'une façon irrésistible, jetaient en moi un trouble étrange, puissant, nouveau, ces yeux peints, qui avaient vécu, ou qui vivaient encore, peut-être. Oh! quel charme infini et amollissant comme une brise qui passe, séduisant comme un ciel mourant de crépuscule lilas, rose et bleu, et un peu mélancolique comme la nuit qui vient derrière sortait de ce cadre sombre et de ces yeux impénétrables. Ces yeux, ces yeux crées par quelques coups de pinceau, cachaient en eux le mystère de ce qui semble être et n'existe pas, de ce qui peut apparaitre en un regard de femme, de ce qui fait germer l'amour en nous.

    "L'inutile beauté" Guy de Maupassant *

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  • "Toi t’es différente. T’as un truc qui change, qui chamboule tout, ce truc qui transperce l’âme, tu vois de quoi je parle ? Puis t’as ce regard dans la face, qui interpelle les gens, ce regard qui dit que t’as besoin d’aide et que t’es complètement à côté de la plaque. T’es pas normale, mais vraiment pas normale. T’as ce sourire de conne, oui de conne, celui qui à l’air de dire " j’emmerde tout le monde, puis j’emmerde la vie aussi", t’as cette façon de marcher aussi qui trahit ton sourire. Parce que t’as beau faire la dure, la forte, l’insensible, la sarcastique, l’orgueilleuse, la cynique, l’intouchable, ça se voit au premier coup d’œil, et à force t’es plus crédible. Ça se voit que tu vas pas bien, qu’à tout moment tu peux t’écrouler. Qu’il suffit qu’on te bouscule un peu fort, pour que tu finisses par tomber. Mais toi, t’es inoubliable. T’es pas le genre de fille qu’on oublie comme ça, du jour au lendemain. Toi t’es un ouragan. Tu laisses des séquelles et des traces de ton passage, et ça, partout où tu vas. Puis toi, t’es comme la pluie aussi. T’es belle à regarder, ça en devient même tout drôle des fois. Tu pues l’humanité, tu pues la nuit. Tu sens l’espoir et tu sens la vie. Et t’es là, tu débarques, tu sèmes tes petits bouts de toi, puis tu t’en vas. Bordel. T’es tellement de choses à la fois. Tu donnes envie à un flemmard de se bouger le cul, à un fumeur d’arrêter de fumer, à un amoureux brisé d’aimer. T’es comme un vieux souvenir, qu’on arrive pas à effacer. T’es ancré dans le regard des gens, t’es ancré dans leur réalité."

    Toi t'es différente


    Anna Gavalda - Ensemble c'est tout *

     

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  • "Et en me promenant, je fixe désespérément les yeux sur le pavé gris, pour ne pas devoir regarder les prisonniers qui travaillent dans la cour, et qui, dans leur costume de forçats, me causent une vive douleur. Il y en a toujours deux ou trois parmi eux, chez lesquels l'âge, le sexe, les traits individuels ont disparu sous le sceau de la plus profonde dégradation humaine, mais qui exercent sur moi, peut-être précisément pour cela, une sorte de magnétisme douloureux, et ont le don d'attirer toujours à nouveau mes regards. Il est vrai que, d'autre part, il y a partout aussi quelques silhouettes, que même le costume de prisonnier n'a pu changer, et qui réjouiraient l'oeil d'un peintre. Ainsi j'ai découvert dans la cour une jeune ouvrière qui, avec sa taille svelte et musclée, et sa tête au profil sévère, drapée d'un fichu, ressemble étrangement à un Millet. C'est un vrai plaisir que de voir avec quelle noblesse de mouvement elle porte des fardeaux; son visage maigre à la peau tendue, son teint d'une blancheur de craie fait penser au masque tragique d'un pierrot. Mais j'ai eu trop de tristes expériences dans la vie pour ne pas chercher à éviter de pareilles apparitions, toutes pleines de promesses qu'elles semblent au premier abord. Dans la prison de la rue de Barnim, j'avais découvert une prisonnière du même genre, qui avait le port et le maintien d'une reine, et je m'imaginais que son âme devait être de même nature que son corps. Mais bientôt après, elle vint dans mon département, comme domestique, et après trois jours je dus reconnaitre que sous ses belles apparences, il y avait tant de bêtise et dans de vilenie que depuis lors, je ne pus que détourner les yeux quand je la rencontrai sur mon chemin. La pensée me vint alors que si la Venus de Milo avait pu garder à travers les siècles la réputation d'être la plus belle des femmes, c'est parce qu'elle ne peut ouvrir la bouche. Si elle parlait, je ne sais si tout son charme ne s'en irait pas au diable."

    Lettre de la prison (extrait)

    Rosa Luxembourg

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