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    Là où la peur ne raconte ni contes, ni poèmes, elle ne forme pas de figures de terreur et de gloire.
    Un vide gris est mon nom, mon pronom.
    Je connais la gamme des peurs et cette manière de commencer à chanter tout doucement dans le défilé
    qui reconduit vers mon inconnue que je suis, mon émigrante de moi.
    J'écris contre la peur. Contre le vent et ses serres qui se loge dans mon souffle.
    Et quand, au matin, tu crains de te retrouver morte(et qu'il n'y ait plus d'images): le silence de l'oppression,
    le silence d'être là simplement, voilà en quoi s'en vont les années, en quoi s'en est allée la belle
    allégresse animale.
     
    A. Pizarnik (*)
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    Etreinte des doigts

     

     

    Il y avait cette tâche de soleil sur la table du café, et depuis un moment déjà, je ne les écoutais plus ne pas être d'accord. Je ne voyais que ce reflet d'or déversé comme par miracle au milieu des paroles. À un moment j'ai dit :“ j'aimerais faire la photo de vos deux mains dans cette tâche de lumière…” Ils virent le soleil posé là, leurs mains se joignirent, simple et sublime étreinte des doigts qui s'entremêlent sur fond de vitrail improvisé. Capture au portable, il permet ça, œil si prompt à tout saisir. Il y eut un silence, la conversation disparue. Leurs sourires restèrent suspendus dans le silence, un même sourire. Puis elle a dit, fixant le tableau des mains et de la lumière… “c'est beau”. Et le silence reprit.

    jacques dor

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    Pour y voir clair

    Les jours les plus sombres, on doit chercher un coin de clarté ; les jours les plus froids, on doit chercher un coin de chaleur ; les jours les plus lugubres, on doit laisser ses yeux s’émerveiller, et les jours les plus tristes, on doit garder les yeux ouverts pour laisser les larmes couler. Puis les laisser sécher. Leur donner l’occasion de dissiper la douleur pour y voir clair et y croire encore.

    Tahereh Mafi
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    L'oeil du loup

     

    Un œil jaune, tout rond, avec, bien au centre, une pupille noire. Un œil qui ne cligne jamais. C'est tout à fait comme si le garçon regardait une bougie allumée dans la nuit; il ne voit plus que cet œil : les arbres, le zoo, l'enclos, tout a disparu. Il ne reste qu'une seule chose : l'œil du loup. Et l'œil devient de plus en plus gros, de plus en plus rond, comme une lune rousse dans un ciel vide, avec, en son milieu, une pupille de plus en plus noire, et des petites taches de couleurs différentes qui apparaissent dans le jaune brun de l’iris, ici, une tâche bleue (bleue comme l’eau gelée sous le ciel) là, un éclair d’or, brillant comme une paillette.Mais le plus important, c’est la pupille, la pupille noire !
    -Tu as voulu me regarder, eh bien regarde-moi !
    …Et c’est quand tout est devenu noir, absolument noir, qu’il découvre ce que personne n’a jamais vu dans l’œil du loup : la pupille est vivante…

     Daniel Pennac

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  • Les yeux !. .. Ils nous apprennent tous les mystères de l'amour, car l'amour n'est ni dans la chair, ni dans l'âme, l'amour est dans les yeux qui frôlent, qui caressent, qui ressentent toutes les nuances des sensations et des extases, dans les yeux où les désirs se magnifient et s'idéalisent. Oh ! vivre la vie des yeux où toutes les formes terrestres s'effacent et s'annulent ; rire, chanter, pleurer avec les yeux, se mirer dans les yeux, s'y noyer comme Narcisse à la fontaine.

      Contes au bord de la Mer - Charles Vellay


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