• Les yeux !. .. Ils nous apprennent tous les mystères de l'amour, car l'amour n'est ni dans la chair, ni dans l'âme, l'amour est dans les yeux qui frôlent, qui caressent, qui ressentent toutes les nuances des sensations et des extases, dans les yeux où les désirs se magnifient et s'idéalisent. Oh ! vivre la vie des yeux où toutes les formes terrestres s'effacent et s'annulent ; rire, chanter, pleurer avec les yeux, se mirer dans les yeux, s'y noyer comme Narcisse à la fontaine.

      Contes au bord de la Mer - Charles Vellay


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    La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur
    Un rond de danse et de douceur
    Auréole du temps berceau nocturne et sûr
    Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu
    C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu.

    Eugène Emile Paul Grindel

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  • Voyager, c'est une fête: on met la clef sous la porte, on se laisse à l'intérieur. On se donne rendez-vous à l'étranger. On regarde les rues, le ciel et les maisons. On se regarde soi-même dans les vitrines, étonné d'être où l'on est, c'est-à-dire ailleurs. On a changé. On est aussi neuf que ce qu'on voit. C'est du moins ce que disent les jambes alertes, les yeux brillants. Le cœur est plus réservé. Il ne se laisse pas ravir si aisément. Il attend quelques heures pour se remettre à battre comme au départ, comme toujours. La même mesure, la même impasse.

    "La femme à venir"  Christian Bobin
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    Une jeune fille s’accouda lentement sur le rebord de la fenêtre, et jeta au dehors un long regard chargé de lassitude et de tristesse. Cette enfant, de 16 ans à peine, avait l’idéale beauté des femmes du Nord, quand elles unissent à la limpidité fluide des yeux, à la transparence de la peau, l’abandon pensif et harmonieux de la démarche et de la pose. Par un heureux et rare caprice de la nature, ses cheveux d’un blond cendré faisaient luire, malgré leur abattement, de grands yeux bruns dont les cils ombraient ses joues pâlies. Celle de ses mains qu’elle avait posée sur la fenêtre était mince et fine, d’une blancheur de neige, et agitée par instants de petits mouvements nerveux. Ainsi accoudée, vêtue de blanc, mollement inclinée et baignée dans l’ombre lumineuse du soir, on eût dit une de ces vierges idéales, si chères aux  poètes allemands. En face d’elle, la baie étendait, sous les reflets rouges du soleil, ses longues houles calmes ; et, par delà les dernières élévations de la côte, l’immensité de l’océan austral se détachait en une ligne d’un bleu sombre. Mais ce large et splendide horizon n’attirait point ses yeux, qui conservaient cette expression vague et flottante propre à qui regarde en soi et semble oublier le monde extérieur.

     

    Leconte de Lisle "Le voyage" (chapitre II)

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    Ce qu'on met de soi dans l'autre est infiniment plus vaste que ce qu'on croit lui confier. Quelquefois c'est sa propre vie, d'autres fois c'est son âme, sa vocation, sa sauvagerie, sa misère, une dette ancestrale, c'est toujours exorbitant, une valeur passée en douce, clandestine, que l'on s'échange dès le premier regard.

    En cas d'amour - Anne Dufourmantelle

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