• Image :
    Attention

    Voir la réalité, pour Giacometti, c’est ouvrir les yeux sur le monde comme s’il venait de surgir pour la première fois. C’est inventer un regard neuf, un regard débarrassé et nettoyé des conventions qui substituent le concept à la sensation et le savoir au voir. Cette purification du regard et la fraîcheur du monde qui lui répond, ne s’obtiennent qu’au prix d’un affrontement répété et violent avec la réalité, une lutte passionnelle et incessante qui tisse entre les protagonistes un lien privilégié, seul capable de mesurer leur éloignement et de signifier leur altérité essentielle.

       Car la réalité que l’œil perçoit ne se découvre qu’à distance, immergée dans son espace et cernée par le vide qui la retranche. L’œil devra dicter à la main qui dessine — ou peint, ou modèle —, les moyens de traduire en même temps que les signes plastiques de l’objet, tout ce qui l’isole, l’enferme dans son espace, le rive à la profondeur et ne laisse surgir que sa vérité distante et séparée. Autant que ses traits distincts, l’œil devra donc saisir et restituer son éloignement, son appel, et toute la complexité du rapport qui le lie à lui en le laissant inaccessible. L’image recrée devra unir les signes d’une présence et les traces d’un retrait.

    Jacques Dupin

     

    Partager via GmailGoogle Bookmarks Blogmarks

    3 commentaires
  • C'est toute la beauté des larmes ; elles peuvent avoir deux significations opposées. On pleure de douleur, on pleure de bonheur. Peu de manifestations physiques ont cette identité à deux têtes, comme pour matérialiser la confusion.

    Le mystère Henri Pick - David Foenkinos




     
    Partager via GmailGoogle Bookmarks Blogmarks

    2 commentaires
  • Il y a des gens dont le regard vous améliore.
    C'est très rare, mais quand on les rencontre, il ne faut pas les laisser passer.

    Partager via GmailGoogle Bookmarks Blogmarks

    votre commentaire
  • Yeux :
    Attention

     A d’autres l’univers paraît honnête. Il semble honnête aux honnêtes gens parce qu’ils ont des yeux châtrés. C’est pourquoi ils craignent l’obscénité. Ils n’éprouvent aucune angoisse s’ils entendent le cri du coq ou s’ils découvrent le ciel étoilé. En général, on goûte les « plaisirs de la chair » à la condition qu’ils soient fades.

    Mais, dés lors, il n’était plus de doute : je n’aimais pas ce qu’on nomme « les plaisirs de la chair », en effet parce qu’ils sont fades. J’aimais ce que l’on tient pour « sale ». Je n’étais nullement satisfait, au contraire, par la débauche habituelle, parce qu’elle salit seulement la débauche et, de toute façon, laisse intacte une essence élevée et parfaitement pure. La débauche que je connais souille non seulement mon corps et mes pensées mais tout ce que j’imagine devant elle et surtout l’univers étoilé…

    Histoire de l'oeil de Georges Bataille

    Partager via GmailGoogle Bookmarks Blogmarks

    votre commentaire
  • Petite mouche, tes jeux d'été d'un geste étourdi, ma main les a détruits.
    Ne suis-je pas une mouche comme toi?
    Ou n'es tu pas un homme comme moi?

    Car je danse et bois ou chante jusqu'à ce qu'une main aveugle détruise mon aile.

    Si la pensée est vie, force et souffle et si son absence est la mort
    Alors je suis une heureuse mouche que je vive ou bien meure

    William Blake

     

    Partager via GmailGoogle Bookmarks Blogmarks

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique