• Le masque :
    Attention

     

    « Le masque social représente le visage que nous montrons aux autres. Il les aide à nous identifier et nous permet de vivre en société. Malheureusement, de nombreuses personnes laissent leur masque prendre le pouvoir sur leur personnalité réelle. Elles ne sont plus alors que des coquilles vides et perdent sans s'en rendre compte leur liberté de décision. Elles sont à la merci des modes, des mots d'ordre et des normes dictées par leur milieu. Leur seul souci est de garder intact le portrait qu'elles offrent aux autres. Elles établissent avec autrui des relations qui sont basées sur le statut ou sur la hiérarchie, plutôt que des échanges de personne à personne. »

    « La persona représente donc notre masque social, le visage que nous montrons aux autres, celui qui nous permet d'entrer en communication avec eux et qui les aide à nous identifier. Mais le plus souvent, nous ne nous rendons pas vraiment compte que nous portons ce masque. Ce qui fait dire à Jung que " la persona est ce que quelqu'un n'est pas en réalité, mais ce que lui-même et les autres pensent qu'il est ". »

    « La persona comporte un aspect utile et positif. Il est souvent dangereux de se mettre complètement à nu devant autrui, chacun a besoin de conserver un jardin secret qui soit à l'abri des demandes, des jugements et des pressions sociales. Le masque nous aide à préserver la part la plus intime de nous-mêmes tout en établissant des relations avec les autres de manière à pouvoir vivre en société. Il s'agit en quelque sorte d'un intermédiaire entre l'extérieur et notre intérieur le plus confidentiel, un médiateur qui nous permet d'entrer dans le réseau des interactions sociales et de remplir notre rôle dans la communauté humaine. »

    « Mais de graves problèmes surgissent si l'on ne se rend pas compte que ce masque existe, le risque est alors très grand de ne plus faire la différence entre notre rôle social et notre véritable personnalité. C'est ce qui arrive à la plupart des gens, ils s'identifient totalement avec leur masque, oubliant que celui-ci n'est qu'un outil qui devrait être à leur service. »

    « La persona prend alors le pouvoir et c'est elle qui dicte ses volontés. Les individus prisonniers de ce tyran intérieur ne sont plus que des coquilles vides, leur unique souci est de se conformer à l'image qu'ils donnent d'eux-mêmes. Sans qu'ils s'en aperçoivent, leur personnalité profonde est dévorée par le masque et ils deviennent incapables de prendre librement leurs décisions. Toutes leurs actions répondent au même objectif : garder intact le portrait qu'ils offrent aux autres, ne pas remettre en question la vision qu'ils ont d'eux-mêmes. »

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     Daniel Cordonier, « Le pouvoir du miroir »

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    Si je devais dessiner mon ange, je lui donnerais des cheveux rouges, des ailes blanches un peu fripées, et surtout je le montrerais dans son occupation principale: en train de bâiller. Le travail de mon ange, c'est de me détacher du monde (et de moi) en me donnant une puissante envie de dormir. C'est toujours pas un sommeil que m'arrive de la vie neuve: quelque chose s'approche, et l'approche de cette chose commence par m'épuiser. Je suis comme un soldat qui livrerait ses batailles avant de les livrer, qui en connaîtrait la lassitude avant qu'elle aient lieu. Ensuite, quand je me suis bien reposée, tout est simple. La bataille quand elle a vraiment lieu, n'est plus qu'un jeu d'enfant.

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  • Tu étais vieux, tu étais gros, tu étais petit et tu étais moche. Tu étais machiste, tu étais vulgaire, tu étais insensible et tu étais mesquin. Tu étais égoïste, tu étais brutal et tu n'avais aucune culture. Et j'ai été folle de toi. Non pas qu'il y ait un rapport de cause à effet entre tes défauts et les sentiments océaniques que j'ai éprouvés. C'est une curieuse coïncidence. Même au temps où ma passion était si fastueuse que j'aurais échangé mon avenir contre une heure dans tes bras je n ai jamais cessé de te voir tel que tu étais : un porc. C'est ma compassion pour ces animaux si dénigrés qui a éveillé mon intérêt pour toi. Tu étais le grand persécuté, le bouc émissaire. Je me suis sentie obligée de prendre ta défense pour dire : Les porcs ont le droit d'être des porcs. Une société qui met ces créatures en prison aux seuls motifs qu'ils ont des goûts propres à leur espèce n'est pas une société libre et juste.

    Belle et bête - Marcela Iacub




     

     
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  • Le jeu :
    Attention
     
    Au jeu surréaliste de la vérité, alors que, de part et d'autre, le manque de retenue est la règle que nulle ombre d'exception ne saurait venir confirmer, l'interrogé mettra d'autant moins de réticence à répondre que l'interrogateur aura visé, avec une plus minutieuse et lucide cruauté, le point entre tous sensible, parmi l'enchevêtrement des rapports physiques et des faits concrets aptes à surprendre sinon à choquer l'auditoire. Les premières confidences servirons de tenailles pour taillader les fils de fer barbelés de l'inhibition.

    Note en marge du jeu de la vérité
    René Crevel
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  • Libéré ! Ce mot me fait réfléchir longuement, pendant cette nuit où je me suis allongé, pour la dernière fois, dans un lit militaire. Je compte. Collège, caserne. Voilà quatorze ans que je suis enfermé. Quatorze ans ! Oui, la caserne continue le collège… Et les deux, où l’initiative de l’être est brisée sous la barre de fer des règlements, où la vengeance brutale s’exerce et devient juste dès qu’on l’appelle punition — les deux sont la prison. — Quatorze années d’internement, d’affliction, de servitude — pour rien…

    Mais qu’est-ce qu’il faudra que je fasse, à présent que je suis libéré, pour qu’on m’incarcère pendant aussi longtemps ? Quelle multitude de délits, quelle foule de crimes me faudra-t-il commettre ?…

    Quatorze ans ! Mais ça paye un assassinat bien fait ! Et combien d’incendies, et quel nombre de meurtres, et quel tas de vols, et quelle masse d’escroqueries !… La prison ? J’y suis habitué. Ça me serait bien égal, maintenant, d’en risquer un peu, pour quelque chose. La fabrication des abat-jour ne doit pas être plus agaçante que la confection des thèmes grecs ; et j’aurais mieux aimé tresser des chaussons de lisières que de monter la garde… On ne me mettrait point en prison sans motifs, d’abord. Ensuite, j’aurais au moins, cette fois-là, quelqu’un pour me défendre ; un avocat, qui dirait que je ne suis pas coupable, ou très peu ; que j’ai cédé à des entraînements ; et cætera ; qui apitoierait les juges et m’obtiendrait le minimum, à défaut d’un acquittement. — Et qui sait si je serais pris ?

    Georges Darien "Le voleur"

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