• Divine Bontemps (suite)

    Tout son être était dans un inexprimable désarroi, et il lui fallut de longues heures pour retrouver un peu de calme. C’était, à la place la plus sensible de son âme, la cuisson d’une intolérable brûlure. Toute l’ombre douce dont elle s’enveloppait avait été brutalement violentée, et elle sentait qu’il lui serait impossible de se retrouver devant Maurice. D’ailleurs, la fin des vacances approchait et elle pouvait invoquer des prétextes. Cœur ingénieux à se tourmenter, et virginité aussi voluptueuse, qui ne rêvait plus que de tisser autour d’elle les mille fils d’une trame épaisse pour y dérober au plus secret d’elle-même la douceur du frisson dont elle était encore ébranlée.

    Le matin du départ de Maurice, levée dès l’aube, elle épia de sa fenêtre le passage du jeune homme. Elle n’était séparée de lui que  par la fragilité du rideau de mousseline qui tremblait dans ses mains. Maurice leva la tête et ralentit son pas ; mais elle demeura immobile, l’âme toute frémissante et crispée ; et longtemps après elle était encore là, avec de grandes larmes au coin de ses yeux, qui ne tombaient point...  

    suite...