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    Il faut savoir lire et relire ; la relation avec un texte est vivante. Un livre qui ne vieillit pas, c'est un livre dont le lecteur peut toujours attendre quelque chose, où il peut toujours découvrir quelque chose, un livre qui lui démontre ainsi qu'il est toujours vivant, que leurs sorts sont liés et qu'ils sont unis "à la vie, à la mort".

    "Une ethnologie de soi : Le temps sans âge"  Marc Augé

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    "Quand je suggère qu'il faudrait réduire à quatre le nombre d'heures de travail, je ne veux pas laisser entendre qu'il faille dissiper en pure frivolité tout le temps qui reste. Je veux dire qu'en travaillant quatre heures par jour, un homme devrait avoir droit aux choses qui sont essentielles pour vivre dans un minimum de confort, et qu'il devrait pouvoir disposer du reste de son temps comme bon lui semble. Dans un tel système social, il est indispensable que l'éducation soit poussée beaucoup plus loin qu'elle ne l'est actuellement pour la plupart des gens, et qu'elle vise, en partie, à développer des goûts qui puissent permettre à l'individu d'occuper ses loisirs intelligemment. Je ne pense pas principalement aux choses dites « pour intellos ». Les danses paysannes, par exemple, ont disparu, sauf au fin fond des campagnes, mais les impulsions qui ont commandé à leur développement doivent toujours exister dans la nature humaine. Les plaisirs des populations urbaines sont devenus essentiellement passifs : aller au cinéma, assisté à des matchs de football, écouter la radio, etc. Cela tient au fait que leurs énergies actives sont complètement accaparées par le travail ; si ces populations avaient davantage de loisir, elles recommenceraient à goûter des plaisirs auxquels elles prenaient jadis une part active."

     
    "Éloge de l'oisiveté"  Bertrand Russell
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    L'anarchisme n'est pas, en ce sens, une doctrine nouvelle. Elle est admirablement exposée par Tchouang-tseu, philosophe chinois qui vécut environ 300 ans avant Jésus-Christ :
    Les chevaux ont des sabots pour les porter sur la neige et la glace ; un pelage qui les protège du vent et du froid. Ils mangent l'herbe et s'abreuvent d'eau, et ils gambadent par la campagne. Telle est la vraie nature des chevaux. Les demeures princières ne leur sont d'aucune utilité.

    Un jour apparut Pô Lo, qui dit : “ Je m'y connais en chevaux ”.

    Alors il les marqua au fer rouge, et les tondit, et tailla leurs sabots et leur mit un licou, les attachant par la tête et leur entravant les pieds et les alignant dans des écuries, avec pour résultat qu'il en mourut deux ou trois sur dix. Ensuite il les affama et les priva d'eau, les faisant trotter et galoper, les bouchonnant et les étrillant, avec, par-devant, le supplice de la bride à pompons, et par-derrière, la crainte du fouet noué, jusqu'à ce que plus de la moitié d'entre eux fussent morts.

    Le potier dit : “ Je fais ce que je veux de l'argile. Si je la veux ronde, je me sers d'un compas ; rectangulaire, je me sers d'une équerre. ”

    Le charpentier dit : “ Je fais du bois ce que je veux. Si je le veux courbé, je me sers d'un arc ; droit, je me sers d'un cordeau. ”

    Mais de quel droit croyons-nous que par leur nature l'argile et le bois ont envie de cette application du compas et de l'équerre, de l'arc et du cordeau ? Néanmoins chaque génération loue Pô Lo pour son habileté à dresser les chevaux, et les potiers et les charpentiers pour leur dextérité avec l'argile et le bois. Ceux qui gouvernent l'empire commettent la même erreur.

    Or, je considère le gouvernement de l'empire d'un point de vue tout à fait différent.

    Les hommes possèdent certains instincts : tisser et se vêtir, labourer et se nourrir. Ceux-ci sont communs à l'humanité tout entière, et tout le monde est d'accord là-dessus. On appelle de tels instincts “ dons du ciel ”.

    Donc, à l'époque où régnaient les instincts, la démarche des hommes était tranquille, leur regard assuré. Il n'y avait en ce temps-là point de chemin par-dessus les montagnes, ni de bateaux ni de ponts enjambant l'eau. Toutes choses étaient produites, chacune à sa propre fin. Les oiseaux et les bêtes se multipliaient ; on pouvait les conduire avec la main ; les arbres et les buissons croissaient ; on y grimpait pour épier le nid du corbeau. Car l'homme vivait alors avec les oiseaux et les bêtes, et la création tout entière était une. On ne faisait pas de distinction entre les hommes, bons ou mauvais. Tous étant également sans savoir aucun, ils ne pouvaient s'éloigner de la vertu. Tous étant également sans désirs mauvais, ils vivaient dans un état d'innocence naturelle, l'existence humaine parfaite.

    Mais lorsque apparurent les Sages, faisant des croche-pieds aux gens avec leur notion de charité et les entravant de devoirs envers leur prochain, le doute se glissa dans le monde. Avec leurs pâmoisons musicales et leurs simagrées cérémonielles, l'empire se divisa pour sa perte.

    "Le monde qui pourrait être : Socialisme, anarchisme et anarcho-syndicalisme" 
    Bertrand Russell
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  • Un fils qui entend est un suivant d’Horus et c’est bon pour lui après ce qu’il a entendu. Lorsqu’il est âgé il atteint l’état de bienheureux. Qu’il transmette le même message à ses enfants en renouvelant l’enseignement de son père. Tout homme reçoit l’enseignement conforme à son action ; puisse-t-il effectuer un acte de transmission envers ses enfants, de sorte qu’ils puissent parler à leurs enfants. Façonne le caractère, ne donne pas libre cours à la destruction, consolide la rectitude et ta descendance vivra. Quant au premier qui viendrait porteur de désordre, puissent les hommes dirent ce qu’ils verront : voilà ce qui est conforme à ce misérable ! . Qu’il soit dit à ceux qui écouteront : voilà qui est bien conforme à ce misérable ! Que tout le monde les voie et la multitude sera apaisée. Sans eux, la richesse ne sera pas accomplie.

    Enseignement de Ptah-Hotep - Ptahhotep

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  • Les philosophes pensent le corps comme tout objet matériel se présentant à notre perception. Ses propriétés fondamentales en sont l’étendue , l’impénétrabilité et la masse. Les phénoménologues distinguent le corps humain, appelé corps-propre, car il est relié à une subjectivité, du corps entendu comme “Körper”, corps physique inanimé. La question classique est celle du rapport du corps et de l’âme. Certains comme Spinoza pensent ce rapport sous le mode de l’unité (monisme), d’autre sur le mode de la dualité (parallélisme)

    Définitions de philosophes :

    Lucrèce: “Notre corps est l’enveloppe de l’âme, qui, de son côté, en est la gardienne et la protectrice”

    Platon: “L’âme ne raisonne jamais mieux que quand elle s’isole le plus complètement en elle-même, en envoyant promener le corps

    Descartes: “Ce mot de corps est fort équivoque. Quand nous parlons d’un corps en général, nous entendons une partie déterminé de la matière, et ensemble de la quantité dont l’univers est composé. Mais quand nous parlons du corps d’un homme ou d’une femme, nous entendons toute la matière qui est unie avec l’âme de cet homme”

    Spinoza : “J’entends par corps un mode qui exprime l’essence de Dieu, en tant qu’on la considère comme chose entendue, d’une manière certaine et déterminée”

    Leibniz : “Chaque corps organique d’un vivant est d’une espèce de machine divine, ou d’un automate naturel, qui surpasse infiniment tous les automates artificiels”

     

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