• Un fils qui entend est un suivant d’Horus et c’est bon pour lui après ce qu’il a entendu. Lorsqu’il est âgé il atteint l’état de bienheureux. Qu’il transmette le même message à ses enfants en renouvelant l’enseignement de son père. Tout homme reçoit l’enseignement conforme à son action ; puisse-t-il effectuer un acte de transmission envers ses enfants, de sorte qu’ils puissent parler à leurs enfants. Façonne le caractère, ne donne pas libre cours à la destruction, consolide la rectitude et ta descendance vivra. Quant au premier qui viendrait porteur de désordre, puissent les hommes dirent ce qu’ils verront : voilà ce qui est conforme à ce misérable ! . Qu’il soit dit à ceux qui écouteront : voilà qui est bien conforme à ce misérable ! Que tout le monde les voie et la multitude sera apaisée. Sans eux, la richesse ne sera pas accomplie.

    Enseignement de Ptah-Hotep - Ptahhotep

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  • Les philosophes pensent le corps comme tout objet matériel se présentant à notre perception. Ses propriétés fondamentales en sont l’étendue , l’impénétrabilité et la masse. Les phénoménologues distinguent le corps humain, appelé corps-propre, car il est relié à une subjectivité, du corps entendu comme “Körper”, corps physique inanimé. La question classique est celle du rapport du corps et de l’âme. Certains comme Spinoza pensent ce rapport sous le mode de l’unité (monisme), d’autre sur le mode de la dualité (parallélisme)

    Définitions de philosophes :

    Lucrèce: “Notre corps est l’enveloppe de l’âme, qui, de son côté, en est la gardienne et la protectrice”

    Platon: “L’âme ne raisonne jamais mieux que quand elle s’isole le plus complètement en elle-même, en envoyant promener le corps

    Descartes: “Ce mot de corps est fort équivoque. Quand nous parlons d’un corps en général, nous entendons une partie déterminé de la matière, et ensemble de la quantité dont l’univers est composé. Mais quand nous parlons du corps d’un homme ou d’une femme, nous entendons toute la matière qui est unie avec l’âme de cet homme”

    Spinoza : “J’entends par corps un mode qui exprime l’essence de Dieu, en tant qu’on la considère comme chose entendue, d’une manière certaine et déterminée”

    Leibniz : “Chaque corps organique d’un vivant est d’une espèce de machine divine, ou d’un automate naturel, qui surpasse infiniment tous les automates artificiels”

     

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  • Agir dans la nature, transporter l'imprévisibilité humaine dans un domaine où l'on est confronté à des forces élémentaires qu'on ne sera peut-être jamais capable de contrôler sûrement, est assez dangereux. Encore plus dangereux serait-il de méconnaître que, pour la première fois dans notre histoire, la capacité humaine d'action a commencé de dominer toutes les autres - la capacité d'étonnement de pensée dans la contemplation non moins que les capacités de l'homo faber et de l'animal laborans humain. Cela ne veut pas dire, bien sûr, que les hommes désormais ne seront plus capables de fabriquer des choses ou de penser ou de travailler. Ce ne sont pas les capacités de l'homme, mais la constellation qui ordonne leurs rapports mutuels qui peuvent changer et changent effectivement dans l'histoire. De tels changements peuvent être le mieux observés à travers les auto-interprétations changeantes de l'homme au cours de l'histoire; celles-ci, bien qu'elles ne permettent peut-être aucunement de déterminer le "quoi" ultime de la nature humaine, sont encore les témoignages les plus brefs et les plus succincts de l'esprit d'époque entière. Ainsi, schématiquement parlant, l'Antiquité classique fut unanime à penser que la forme la plus haute de la vie humaine avait son lieu dans la polis et que la capacité humaine suprême était la parole - zôon politikon et zôon logon ekhon, dans la célèbre double définition d'Aristote; Rome et la philosophie médiévale définirent l'homme comme l'animal rationale; aux stades initiaux de l'époque moderne, l'homme fût pensé d'abord comme homo faber, jusqu'à ce qu'au XIX siècle l'homme fût interprété comme un animal laborans dont le métabolisme avec la nature donnait la plus haute productivité dont la vie humaine fût capable.  Par opposition à ces définitions schématiques, il serait adéquat pour le monde où nous en sommes venus à vivre de définir l'homme comme un être capable d'action, car cette capacité paraît être devenue le centre de toutes les autres possibilités humaines.

    Il est hors de doute que la capacité d'agir est la plus dangereuse de toutes les facultés et possibilités humaines, et il est également hors de doute que les risques, créés par elle-même, que l'humanité affronte aujourd'hui n'ont jamais été présents auparavant. Des considérations comme celles-ci n'ont aucunement pour but d'offrir des solutions ou de donner des conseils. Au mieux, elles pourraient encourager une réflexion soutenue et plus serrée sur la nature et les potentialités intrinsèques de l'action, qui n'a jamais auparavant révélé aussi ouvertement sa grandeur et ses dangers.

    Le concept d'histoire : antique et moderne  Hannah Arendt

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  • L'expérience fondamentale sous-jacente au doute cartésien était la découverte que la terre, contrairement à toute expérience sensible immédiate, tournait autour du soleil. L'époque moderne a commencé quand l'homme, avec l'aide du télescope, tourna ses yeux corporels vers l'univers, sur lequel il avait spéculé pendant longtemps - voyant avec les yeux de l'esprit, écoutant avec les oreilles du coeur, et guidé par la lumière intérieure de la raison - et apprit que ses sens n'étaient pas ajusté à l'univers, que son expérience quotidienne, loin de pouvoir constituer le modèle de la réception de la vérité et de l’acquisition du savoir, était une source constante d'erreur et d'illusion. Après  cette désillusion - dont l'énormité est pour nous difficile à saisir parce qu'il a fallu des siècles avant que son plein choc fût ressenti partout et non seulement dans le milieu plutôt restreint des savants et des philosophes - , le soupçon commença à hanter de tous côtés l'homme moderne. Mais sa conséquence la plus immédiate fut l'essor spectaculaire de la science de la nature, qui pendant longtemps sembla être libérée par la découverte que nos sens ne disent pas la vérité. Désormais convaincues de l'incertitude de la sensation et par conséquent de l'insuffisance de la simple observation, les sciences de la nature se tournèrent vers l'expérience qui, en intervenant directement sur la nature, assura ce développement dont la progression a depuis lors semblé sans limite.

    Descarte devint le père de la philosophie moderne [...] la développa en une nouvelle méthode de pensée, et devint ainsi le premier penseur complètement formé à cette "école du soupçon" qui, selon Nietzsche, constitue la philosophie moderne. Le soupçon à l'égard des sens est resté le coeur de l'orgueil scientifique jusqu'à ce qu'il devienne de nos jours une source de malaise. L'ennuyeux est que "nous découvrons que la nature se composte différemment de ce que nous observons dans les corps visibles et palpables de notre entourage qu'aucun modèle formé d'après nos expériences à grande échelle ne peut jamais être "vrai" "; c'est alors que la liaison indissoluble entre notre pensée et notre perception sensible prend sa revanche, car un modèle qui laisserait l'expérience sensible complètement hors de compte et, par conséquent, serait complètement adéquat à la nature dans l'expérience est non seulement "pratiquement inaccessible, mais même non pensable".

    L'embarrassant, en d'autres termes, n'est pas que l'univers physique moderne ne puisse être visualisé, car cela est évident dans l'hypothèse où la nature ne se révèle pas aux sens; le malaise commence quand la nature paraît devenir inconcevable, c'est-à-dire aussi bien impensable en terme de pur raisonnement.

    Le concept d'histoire : antique et moderne  Hannah Arendt

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  • Certes, notre époque réserve une petite place aux écrivains. En ce qui concerne la France, ceux-ci, pour être admis, doivent avoir œuvré à l’extension des valeurs du progrès, de la justice, de la transparence et de l’égalité. Ce qui épargne Voltaire, Hugo, Zola, Sartre ou Camus, et personne d’autre ; mais, bien entendu, pas Céline ; et sans doute, à d’autres titres, ni Baudelaire, ni Sade, ni Bossuet, ni Flaubert, ni Bloy, ni Saint-Simon, ni Balzac, ni Proust, ni Claudel, ni Racine, ni Villon, ni Bataille, ni Chateaubriand, ni beaucoup d’autres encore ; et en fin de compte, peut être même pas Voltaire, Hugo, Zola, Sartre ou Camus, dans la tête desquels il sera toujours possible, en cherchant bien, de trouver des poux d’un ordre ou d’un autre, autrement dit ce qu’ils appellent des dérapages.

       Philippe Muray

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