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    Les femmes, c'étaient des hommes qui gagnent de l'argent qu'elle voulaient, des hommes qui aient de la classe. Combien y en avait-il de distinguées qui acceptaient de vivre avec des clodos? Bah! Je n'avais de tout façon pas envie d'une femme. En tout cas, pas pour vivre avec. Comment les hommes faisaient-ils pour vivre sans femmes? Qu'est-ce que ça signifiait? Non, moi, ce que je voulais, c'était une grotte dans le Colorado, avec de quoi boire et bouffer pendant trois ans. Mon cul, je me le torcherai avec du sable.

    "Souvenirs d'un pas grand-chose"  Charles Bukowski

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  • Attaquons ce qu'on appelle art;
    Le style,
    Le style est la réponse à tout.
    L'approche neuve d'une chose terne et dangereuse.
    Mieux vaut faire une chose terne avec du style
    Qu'une chose dangereuse avec style, c'est ça, l'art.[...]
    La boxe peut être un art.
    Faire l'amour peut être un art.
    Ouvrir une boîte de sardines, peut être un art.
    Rares sont ceux qui ont du style.
    Rares sont ceux qui peuvent le garder.
    J'ai vu les chiens avoir plus de style que les hommes,
    Bien que peu de chiens aient du style.
    Les chats en ont à profusion.
    Hemingway se faisant gicler la cervelle contre le mur au calibre 12 ...
    Ça c'est du style.
    Quelquefois, les gens vous donnent du style.
    Jeanne d'Arc avait du style, Jean-Baptiste, Jésus,
    Socrate, César, Garcia-Lorca.
    J'ai connu en prison des hommes qui avaient du style.
    J'en ai connu plus en prison que hors de prison.
    Le style, c'est une différence.
    Une façon de faire, une façon d'être.
    Six hérons juchés sur leurs pattes dans un étang...
    Ou vous, qui sortez nu des chiottes.
    Sans me voir.

    "Contes de la folie ordinaire"

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    Une fin de nuit, après mes trois heures trente d'heures sup', et alors que, la trouille au ventre, je roulais sous la menace du retrait de permis de conduire suite à une longue série de contraventions, il ma fallut tourner à gauche. Or l'épave qui me servait de carrosse était dépourvue de clignotants. Je devais donc indiquer mon intention avec mon bras gauche. Sauf qu'au moment où je commençais à en esquisser le geste, une douleur insoutenable, semblable à un jet d'eau brûlante, m'irradia le bras et m'empêcha de l'extraire de l'habitacle. Au mieux, j'aurais peut-être pu sortir la moitié d'une main. Un moignon, pas le membre entier. À ce moment-là, et comme par une fait exprès, je me fis l'impression de m'être scindé en deux, j'étais à la fois l'acteur et le spectateur de ma propre déchéance. En sorte que je glissai un doigt dans l'air de la nuit, un seul doigt, riquiqui, dérisoire, et que je tournai le volant vers la gauche. Je fus pris d'un fou rire : tout cela était du dernier ridicule, ça m'apprendrait à les laisser m'assassiner. Ce moment d'hilarité me fit du bien, j'étais comme soulagé d'un énorme poids. Et, tout en continuant de rouler, j'admis en mon for intérieur que j'allais devoir arrêter les frais. N'importe quel clodo qui roupillait dans une décharge vivait mieux que moi. Conclusion : j'étais l'un des plus grands imbéciles de cette planète.
     
    "Un carnet taché de vin"  Charles Bukowski *
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  • "A la salle de bain..."
    Mon père ferma la porte.
    "Descend ton pantalon."
    Je l'entendis décrocher le cuir à rasoir. J'avais toujours mal à la jambe droite. Ça n'allait pas m'aider. Le cuir, je le connaissais depuis longtemps. Tout le monde était indifférent à mes ennuis : ça non plus, ça ne m'aidait pas. Là-bas, de l'autre côté, des gens , il y en avait des millions. Et aussi de chiens et des chats, et des rats à bourses, et bâtiments, et des rues: mais cela n'avait aucune importance. Ici, il n'y avait que mon père, le cuir à rasoir, la salle de bain et moi. Ce cuir à rasoir, il s'en servait pour aiguiser son rasoir et moi, dès le matin, je la haïssait: cette gueule toute blanche de crème à raser! Ce type qui se rasait debout devant la glace. C'est alors que le premier coup de cuir m'arriva dessus. Ça fit un grand bruit plat, un bruit presque aussi horrible que la douleur que je ressentis. Le cuir s'abattit une deuxième fois. A agiter son cuir, mon père ressemblait à une machine à frapper. J'eus l'impression d'être enfermé dans un tombeau. Le cuir s'abattit encore une fois: je me dis que c'était surement le dernier coup. Mais non. Il retomba encore et encore. Mon père, je ne le haïssais pas. Il y avait seulement qu'il était incroyable, que moi, j'avais tout simplement envie de m'éloigner de lui. Je n'arrivais pas à pleurer. J'étais bien trop mal pour pleurer, bien trop paumé. Le cuir atterrit encore une fois. Et puis mon père s'arrêta. Je me redressai et attendis. Je l'entendis raccrocher le cuir. [...]
    Je l'entendis sortir de la salle de bain. Il avait refermé la porte de la salle de bain. Les murs de la salle de bain étaient beaux, la baignoire était belle, le lavabo était beau, et aussi le rideau de douche. Même le siège des W.-C.
    Mon père n'était plus là
    "Souvenirs d'un pas grand-chose"(*)

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