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    L’homme vous haïra toujours finalement, pour l’avoir mené par sa tripe, par son plus bas morceau. L’Homme veut être considéré, caressé, persécuté, pour son rêve, rien que pour son rêve ! Toutes les dialectiques sophistiqueries matérialistes ne sont que tout autant de gaffes grossières, apologies tarabiscotées de la merde, très maladroites. Rien de bandocheur. Rien qui délivre, qui allègre, rien qui fasse danser l’homme.

     

    "L'École des Cadavres"  Louis-Ferdinand Céline

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  • Je l'avais bien senti, bien des fois, l'amour en réserve. Y'en a énormément. On peut pas dire le contraire. Seulement c'est malheureux qu'ils demeurent si vaches avec tant d'amour en réserve, les gens. Ça ne sort pas, voilà tout. C'est pris en dedans, ça reste en dedans, ça leur sert à rien. Ils en crèvent en dedans, d'amour.

    Louis-Ferdinand Céline

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  • Rien n'est plus odieux de nos jours, humainement plus odieux, plus humiliant que de regarder un Français moderne dit lettré, dépiauter narquoisement un texte, un ouvrage... n'importe quelle bête à côté possède une allure noble, pathétique et profondément touchante. Mais regardez ce bravache grelot si indécent de suffisance, obscène de muflerie fanfaronne, d'outrecuidance butée, comme il est accablant... Que lui expliquer encore ? lui répondre ?... Il sait tout !... Il est incurable ! S'il a obtenu son bachot alors il n'est même plus approchable. Le paon n'est plus son cousin. Tout ce qui peut ressembler même vaguement à quelque intention poétique, lui devient une insulte personnelle... Ah ! mais ! Ah mais ! on se fout de
    lui ?...

    "Bagatelles pour un Massacre"   Louis-Ferdinand Céline

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    J'accepte vos critiques, vos insultes, mais à la condition expresse que vous soyez pas de ces gens qu'empruntent, resquillent, parpillent les livres ! peste de l'espèce ! si vous l'avez foiredempoigné au "prêtez-le-moi-je-vous-le-rendrai" ça serait mieux de vous taire... bien sûr, les moeurs sont avec vous !... on peut affirmer tranquillement qu'un livre ça s'achète plus, ça se vole... c'est même une sorte de "point d'honneur" de plus jamais acheter un livre. Pas un sur vingt qui vous a lu qui vous a payé ! c'est pas triste ? allez demander question jambon si une tranche peut faire vingt personnes ? si un fauteuil au cinéma tient quarante fesses ?... bonjour à vous, pauvre pillé ! écrivaineux ! encore le pire du pire peut-être c'est le mépris qu'ils ont que c'est gratuit !... la façon qu'ils abîment votre œuvre, la détestent, s'en torchent, comprennent balle, sautent fourguer ce qu'il en reste au Quai... vous me direz : y a un remède ! y a qu'à noyer les prêteurs ! emprunteurs avec ! que ceux qu'on douillé grimacent !... soit ! l'épicier trouve tout naturel qu'on lui chine un peu son hareng... mais allez lui secouer ? la Police !... moi, là, que j'aille débagouler, clowner pour rien, c'est pas l'horreur ? qu'ai tant payé !... de penser qu'on m'artiche, je blêmis, je suffoque pire qu'entre les poignes de l'ogre !... je coagule sang cœur nerfs... Muse dilapideuse salope, marre !

     
    "Féerie pour une autre fois"  Louis-Ferdinand Céline
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  • A table ! peuple ! aux aveux marrants ! Sournois martyrs ! Damnés coquins ! Vous vous cognez éperdument tout un chacun du sort de votre classe ! C’est le dernier de vos soucis prolétaires, le sort de votre classe ! Qu’ils y restent donc tous dans la merde, les frères de classe ! pourvu que vous, personnellement, vous trouviez le filon d’en  sortir, Vous faites tous, toutes les grimaces du communisme. Les convictions ne dépassent pas la grimace, le beuglement. Les voix ne coûtent rien. Les bulletins non plus. La conscience de classe est une foutaise, une démagogique convention. Chaque ouvrier ne demande qu’à sortir de sa classe ouvrière, qu’à devenir bourgeois, le plus individuellement possible, bourgeois avec tous les privilèges, les plus exécrables, les mêmes égoïsmes implacables, les mêmes préjugés, renforcés, les mêmes singeries, toutes les tares, la même avarice et puis alors une de ces haines pour la classe ouvrière ! Le prolétaire, le militant le plus ardent, il a envie de partager avec son frère damné de classe, à peu près comme le gagnant à la loterie nationale, il a envie de partager avec tous ceux qui ont perdu. Il veut bien partager la merde ce prolétaire, mais pas le gâteau. Il donnerait même bien à ses frères de classe toute la merde pour avoir lui tout seul tout le gâteau. Sa ventripotence juive Jouhaux, avant de devenir empereur à la C.G.T., il avouait assez carrément ne l’avoir jamais rencontrée, la conscience de classe.

    Louis-Ferdinand Céline

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